Facturation électronique 2026 : la réforme est lancée, ce que vous devez faire maintenant
Depuis le 1er septembre dernier, la réforme de la facturation électronique est officiellement entrée en vigueur en France. Si vous dirigez une entreprise de un à vingt salariés à Bordeaux ou en Gironde et que vous n'avez encore rien mis en place, vous n'êtes pas seul, mais vous n'avez plus vraiment le temps d'attendre. Ce texte fait le point sur ce qui change réellement, sur les idées fausses qui circulent, et sur les actions à lancer cette semaine.

Une réforme qui touche tout le monde, mais pas de la même façon
Le calendrier a été fixé par la loi de finances pour 2024, article 91, et il repose sur deux dates.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille, doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent en plus émettre leurs propres factures sous ce format et transmettre leurs données de transaction à l'administration fiscale.
Le 1er septembre 2027, c'est au tour des PME, des TPE et des micro-entreprises de devoir émettre leurs factures au format électronique et de transmettre leurs données de facturation.
Autrement dit, vous êtes déjà concerné aujourd'hui, même si votre obligation d'émission n'arrive que dans un an. Si un de vos fournisseurs, une grande entreprise ou une ETI, vous envoie désormais une facture électronique structurée, vous devez pouvoir la recevoir dans les règles.
| Échéance | Obligation de réception | Obligation d'émission |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes les entreprises | Grandes entreprises et ETI |
| 1er septembre 2027 | Déjà en vigueur pour tous | PME, TPE et micro-entreprises |
Pourquoi ce sujet mérite votre attention, et pas seulement celle de votre expert-comptable

Un dirigeant de TPE a rarement le temps de suivre une réforme fiscale dans le détail. Le risque, c'est de la découvrir au dernier moment, sous la pression d'un client ou d'un fournisseur qui bascule au format électronique avant vous.
Les chiffres publiés par la direction générale des finances publiques début août montrent l'ampleur du retard pris par les petites structures. Un mois avant l'échéance du 1er septembre, seules 20% des entreprises françaises avaient désigné leur plateforme agréée, et 30% des PME et TPE n'en avaient toujours pas choisi. Sur celles qui avaient engagé la démarche, un tiers seulement était réellement enregistré auprès de l'administration.
Ce retard n'est pas anodin pour votre trésorerie. Selon l'étude Coface publiée fin 2025, 86% des entreprises françaises déclarent être confrontées à des retards de paiement, avec un délai moyen accordé aux clients de près de cinquante jours, contre environ un mois en Allemagne. Le cabinet Altares confirme la tendance avec un retard moyen de paiement supérieur à quatorze jours et moins d'une entreprise sur deux qui règle ses fournisseurs à l'heure. La facturation électronique, en imposant un format structuré et traçable, est justement pensée pour réduire ce genre de friction, à condition d'être bien mise en place.
Quatre idées reçues qui font perdre du temps aux dirigeants
Idées fausses
« Je suis trop petit pour être concerné. »
« Mon expert-comptable gère tout. »
« Un PDF par email, c'est une facture électronique. »
« Je peux attendre 2027 tranquillement. »
La réalité
Toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées. Vous devez désigner vous-même votre plateforme. Seul un format structuré transmis via une plateforme agréée est conforme. La réception est déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2026.
Comprendre le nouveau vocabulaire en trois notions
Trois éléments structurent ce nouveau circuit de facturation.
La plateforme agréée, anciennement appelée plateforme de dématérialisation partenaire, est un opérateur privé immatriculé par la DGFiP. Elle transmet, convertit et contrôle la conformité de vos factures, puis extrait les données nécessaires à l'administration fiscale. Des éditeurs comme EBP, Pennylane, Tiime ou QuickBooks proposent aujourd'hui des solutions raccordées à ces plateformes.
Le portail public de facturation est la plateforme gérée par l'État qui assure l'interopérabilité entre les différentes plateformes agréées.
Les données de facturation, transmises via l'e-reporting, désignent les informations que vous devez faire remonter à l'administration, comme votre chiffre d'affaires ou la TVA collectée, afin de lutter contre la fraude et de préparer, à terme, une déclaration de TVA préremplie.
Un exemple concret, celui d'un artisan de Gironde

Prenons le cas d'un plombier installé près de Bordeaux, cinq salariés, qui facture principalement des particuliers et quelques syndics de copropriété. Jusqu'ici, il envoyait ses devis et ses factures en PDF, directement depuis son logiciel de gestion. Depuis la rentrée, deux de ses fournisseurs de matériel, des grandes enseignes du secteur, lui adressent désormais leurs factures via une plateforme agréée. Sans y être raccordé, il ne peut plus les recevoir correctement, et son comptable doit ressaisir manuellement les données pour ne pas perdre de temps sur sa TVA.
Ce plombier n'a pas encore d'obligation d'émission avant 2027, puisqu'il facture surtout des particuliers, mais il doit d'ores et déjà être capable de recevoir des factures électroniques. En choisissant dès maintenant une plateforme agréée compatible avec son logiciel de gestion, il évite de perdre du temps en double saisie et prend de l'avance sur son obligation d'émission, qui arrivera plus vite qu'il ne le pense.
Les actions concrètes à lancer cette semaine
À faire cette semaine
- Vérifiez si votre logiciel de facturation est déjà raccordé à une plateforme agréée.
- Choisissez une plateforme agréée adaptée à votre volume de factures, avec un support en français.
- Testez le circuit avec un client ou un fournisseur avant votre échéance.
- Formez la personne qui gère votre facturation aux nouveaux formats et mentions obligatoires.
- Profitez-en pour vérifier vos processus de relance et de suivi des impayés.
Vous pouvez aussi vous rapprocher de la CCI Bordeaux Gironde ou de votre chambre des métiers, qui proposent des points d'information sur cette réforme pour les petites structures locales.
Ce que je peux faire à vos côtés
Mon rôle, en tant que conseiller Rivalis, n'est pas de me substituer à votre expert-comptable sur le choix technique de votre plateforme agréée. En revanche, j'intègre cette question dans le pilotage global de votre entreprise. Un diagnostic de conformité permet de vérifier où vous en êtes réellement, d'identifier les impacts sur votre trésorerie et votre organisation, et de relier ce sujet à ce qui compte vraiment, vos marges, votre taux horaire, votre rémunération. Vous pouvez en savoir plus sur mon approche de pilotage d'entreprise à Bordeaux.
L'accompagnement, ce n'est pas que des chiffres, c'est aussi retrouver du sens et de la sérénité.

Pour conclure
La réforme de la facturation électronique n'est plus une échéance lointaine, elle est en vigueur depuis le 1er septembre. Vous avez jusqu'en 2027 pour émettre vos propres factures au format électronique, mais vous devez déjà être capable d'en recevoir. Plutôt que de subir cette transition dans l'urgence, prenez les devants, choisissez votre plateforme agréée, testez le circuit, et profitez de ce sujet pour remettre à plat votre facturation et votre suivi de trésorerie.
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Damien Granger, conseiller en gestion et pilotage d'entreprise chez DG Conseil 33, accompagne les dirigeants de TPE et PME de Bordeaux et de la Gironde.
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