Optimiser la rémunération du dirigeant en 2026 : salaire ou dividendes dans une SARL ou SASU ?
Piloter sa rémunération, c'est piloter la santé financière de son entreprise.Vous travaillez 50 heures par semaine, votre entreprise tourne, et pourtant vous regardez chaque mois ce qu'il vous reste en poche avec un sentiment que quelque chose ne va pas. La question de la rémunération du dirigeant revient souvent, mais elle reste rarement traitée à fond dans une TPE ou PME. Entre le salaire, les dividendes, les cotisations TNS et les règles qui évoluent, beaucoup de dirigeants laissent passer des milliers d'euros par an sans le savoir.
En 2026, la donne a changé : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) applicable aux dividendes est passé à 31,4 % - soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux - depuis le 1er janvier 2026 (source : entreprendre.service-public.fr, vérifié le 21 février 2026). Contre 30 % jusqu'au 31 décembre 2025. Ce point et demi change les arbitrages. Optimiser la rémunération du dirigeant, c'est regarder ces chiffres en face, avec sa situation réelle.
Pourquoi la rémunération du dirigeant de TPE est souvent mal calibrée en 2026

Dans la majorité des TPE et PME, le dirigeant se rémunère selon un réflexe : soit le minimum pour limiter les charges, soit un montant stable fixé une fois pour toutes il y a plusieurs années. Ni l'un ni l'autre ne correspond à une stratégie de pilotage.
Les conséquences sont concrètes. Une rémunération trop faible prive le dirigeant d'une couverture sociale suffisante : retraite, indemnités journalières en cas d'arrêt, prévoyance. Une rémunération mal structurée génère des charges inutiles. Et dans les deux cas, l'absence de simulation chiffrée empêche de comprendre ce que l'entreprise peut réellement absorber sans fragiliser sa trésorerie.
Ce manque de visibilité est l'un des points les plus fréquents chez les artisans du bâtiment, les restaurateurs et les prestataires de services sur Bordeaux métropole et en Gironde. La pression du quotidien pousse à reporter. Et pendant ce temps, les prélèvements s'accumulent sans optimisation.
SARL ou SASU : deux statuts, deux logiques sociales
Avant de parler salaire ou dividendes, il faut comprendre ce que votre statut impose. C'est le point de départ de toute réflexion sur la rémunération du dirigeant SARL ou SASU.
Gérant majoritaire de SARL - le régime TNS
Si vous détenez plus de 50 % des parts sociales de votre SARL, vous êtes gérant majoritaire. Vous relevez du statut de Travailleur Non Salarié (TNS) et êtes affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Vos cotisations sociales représentent environ 40 à 45 % de votre rémunération nette (fourchette indicative selon niveau de revenus). La protection sociale est moins étendue qu'un salarié classique - notamment pour les arrêts maladie et la retraite complémentaire - mais le coût total reste inférieur à celui du régime général.
À titre d'illustration : pour vous verser 30 000 euros nets, votre SARL supporte un coût total d'environ 43 000 euros (estimation indicative).
Président de SASU - le régime assimilé salarié
Dans une SASU, le président est assimilé salarié, affilié au régime général de la Sécurité Sociale. La protection sociale est plus complète. Mais les charges patronales et salariales réunies sont bien plus élevées. Pour le même net de 30 000 euros, la société supporte un coût total de l'ordre de 54 000 à 56 000 euros (estimation indicative). Cette différence est déterminante dans l'arbitrage rémunération directe / dividendes.
Salaire ou dividendes : ce que change la fiscalité 2026 Mise à jour 2026
La rémunération directe
La rémunération que vous vous versez au titre de votre mandat social est déductible du résultat fiscal de la société, à condition qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas disproportionnée par rapport à l'activité (source : article 39 du Code général des impôts). Elle réduit donc l'assiette de l'Impôt sur les Sociétés (IS). En contrepartie, elle supporte les cotisations sociales selon votre statut, et elle est imposée à l'IR au barème progressif, avec un abattement de 10 % pour frais professionnels - ou déduction des frais réels sur justificatifs.
Les dividendes et le PFU à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026
Nouveauté 2026 : le Prélèvement Forfaitaire Unique sur les dividendes est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026. Il se décompose en 12,8 % d'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux (contre 17,2 % auparavant). (source : entreprendre.service-public.fr, vérifié le 21 février 2026)
Cette hausse modifie les comparaisons salaire/dividendes dans tous les statuts. Mettez à jour vos simulations si elles datent d'avant 2026.
Les dividendes sont distribués sur le bénéfice net après IS. Ils ne sont pas déductibles du résultat de la société. Le taux d'IS est de 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice pour les PME éligibles, et de 25 % au-delà (taux en vigueur à vérifier avec votre expert-comptable).
Il est possible d'opter pour le barème progressif de l'IR à la place du PFU. Dans ce cas, un abattement de 40 % s'applique sur les dividendes bruts avant imposition (source : service-public.fr, art. 158 CGI). Cette option peut s'avérer favorable si votre tranche marginale d'imposition est faible. Attention : si vous optez pour le barème progressif, l'option s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers pour l'année concernée. Consultez votre expert-comptable pour calculer ce qui est le plus favorable dans votre situation.
Le piège des 10 % du capital en SARL - une règle souvent ignorée

La règle que beaucoup ignorent : dans une SARL, la fraction des dividendes versés au gérant majoritaire TNS qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS - comme si c'était de la rémunération.
Exemple concret : votre SARL a été constituée avec un capital de 1 000 euros. Le seuil exempt de cotisations TNS est donc de 100 euros seulement. Tout dividende versé au-delà supporte les charges sociales. Avec un capital aussi faible - ce qui est très courant dans les TPE - les dividendes perdent pratiquement tout avantage fiscal.
Dans une SASU, cette règle n'existe pas. Tous les dividendes sont soumis uniquement au PFU de 31,4 %, quel que soit le montant distribué.
La méthode pour trouver le mix optimal de rémunération en 2026
Il n'existe pas de formule universelle. Le mix optimal salaire/dividendes dépend de plusieurs variables propres à chaque situation. Voici trois étapes pour s'y retrouver.
- Clarifier les besoins personnels et la situation fiscale du foyer. Quel est votre besoin de revenus net mensuel réel ? Quelle est la tranche marginale d'imposition de votre foyer ? Ces deux données déterminent si le PFU à 31,4 % ou le barème progressif avec abattement de 40 % vous est plus favorable sur les dividendes.
- Vérifier la capacité réelle de l'entreprise. Quelle est la marge de l'entreprise ? Quel est le résultat prévisionnel sur l'exercice en cours ? La rémunération envisagée est-elle compatible avec la trésorerie et les échéances à venir - URSSAF, TVA, remboursement d'emprunt, investissements ? Une rémunération bien pensée mais qui fragilise la trésorerie n'est pas une optimisation, c'est un risque.
- Simuler l'impact avec un outil de pilotage. C'est ici qu'un outil comme Henrri, utilisé dans le cadre de la méthode Rivalis, prend tout son sens. Il permet de visualiser l'impact d'une variation de rémunération sur la trésorerie à 3 ou 6 mois, d'anticiper les pics de décaissement de cotisations TNS, et de tester plusieurs scénarios avant de trancher.
Tableau comparatif de trois scénarios - repères chiffrés 2026
Avant de décider, simulez. Chaque scénario a un impact différent sur votre net et sur la trésorerie de l'entreprise.| Scénario | Statut / Structure | Rémunération nette versée | Prélèvements approximatifs | Commentaire clé |
|---|---|---|---|---|
| A - Tout en rémunération TNS | SARL, gérant majoritaire | 36 000 € | ~24 000 € de cotisations TNS (pour un budget de 60 000 €, IS nul car bénéfice ramené à zéro) | IS minimal, droits sociaux ouverts. Aucun levier dividendes si capital faible. |
| B - Mix TNS + dividendes | SARL, capital 30 000 €, seuil 3 000 € | 25 000 € de rémunération + dividendes sous seuil | ~10 000 € de TNS + IS 15 % sur bénéfice restant + PFU 31,4 % sur dividendes sous seuil seulement | Meilleur ratio si capital dimensionné. Nécessite une simulation précise. |
| C - SASU, salaire modéré + dividendes | SASU, président assimilé salarié | 15 000 € de salaire net + dividendes PFU 31,4 % | Charges assimilé salarié ~21 000 € + IS 15 % + PFU 31,4 % sur dividendes | Pas de cotisations TNS sur dividendes. Charges salaire très élevées. Pertinent si dividendes importants. |
Ces chiffres sont des ordres de grandeur illustratifs calculés sur une base de 60 000 euros disponibles avant rémunération dirigeant et IS. Ils ne constituent pas un conseil fiscal. Chaque situation réelle nécessite un calcul personnalisé avec votre expert-comptable ou votre conseiller en gestion.
Erreurs fréquentes
- Capital social de 1 000 euros, dividendes massifs distributiés sans vérifier le seuil des 10 %
- Rémunération fixée une fois et jamais recalculée en 5 ans
- Aucune simulation avant de modifier le niveau de rémunération
- PFU encore calculé à 30 % alors qu'il est à 31,4 % depuis janvier 2026
- Dispositifs Madelin non utilisés chez les TNS
- Rémunération trop élevée qui fragilise la trésorerie en fin d'exercice
Bonnes pratiques
- Vérifier chaque année son capital social et le seuil des 10 % applicable
- Recalculer le mix optimal au moins une fois par an avec les chiffres réels
- Simuler l'impact sur la trésorerie à 6 mois avant toute décision
- Intégrer les dispositifs Madelin si statut TNS (retraite, prévoyance, mutuelle)
- Comparer PFU et barème progressif chaque année en fonction de la tranche d'IR du foyer
- Documenter toutes les décisions pour sécuriser en cas de contrôle
L'exemple d'un électricien en Gironde qui réduit ses charges de 30 %
Un cas réel, anonymisé, d'optimisation menée avec un électricien artisan de la métropole bordelaise.Un électricien artisan de la métropole bordelaise, gérant majoritaire d'une SARL, réalise environ 220 000 euros de chiffre d'affaires avec deux techniciens salariés. Il se versait 38 000 euros de rémunération nette par an. Son capital social était de 1 000 euros, constitué au moment de la création de la société.
Problèmes identifiés lors du diagnostic : son capital de 1 000 euros ne lui permettait de distribuer que 100 euros de dividendes exonérés de cotisations TNS. Il ne bénéficiait d'aucun dispositif de déduction supplémentaire - mutuelle loi Madelin sous-optimisée, pas de contrat Madelin retraite, alors qu'il roulait plusieurs centaines de kilomètres par semaine entre ses chantiers sans déduire ses frais réels. Sa rémunération n'avait pas été recalculée depuis trois ans alors que son activité avait progressé.
Travail réalisé : augmentation du capital social pour élargir la capacité de distribution de dividendes sous le seuil des 10 %, mise en place d'un contrat Madelin retraite déductible de la rémunération TNS, optimisation de la mutuelle loi Madelin, recalibrage de la rémunération en cohérence avec la marge réelle et les prévisions de trésorerie suivies via Henrri.
Résultat : réduction des prélèvements globaux d'environ 25 à 30 % sur la première année, amélioration de la trésorerie nette et net personnel en hausse de plusieurs milliers d'euros. Sans changer de forme juridique. Sans montage agressif. Avec de la documentation, de la cohérence et un suivi mensuel.
Conseils pratiques pour les dirigeants de TPE en Gironde
- Vérifiez votre capital social et calculez votre seuil des 10 % si vous êtes gérant majoritaire de SARL. Si votre capital est inférieur à 20 000 euros, votre marge de manoeuvre sur les dividendes sans cotisations TNS est très limitée.
- Comparez pour votre situation le PFU à 31,4 % et le barème progressif avec abattement de 40 % sur les dividendes. Ce calcul dépend de votre tranche marginale d'imposition et de la composition de votre foyer fiscal.
- Si vous êtes TNS, regardez si vous utilisez la déduction Madelin - retraite, prévoyance, mutuelle. Ce sont des charges déductibles de la rémunération TNS qui réduisent l'assiette de cotisations.
- Calculez le vrai coût de votre rémunération pour l'entreprise - pas seulement le net que vous percevez. Beaucoup de dirigeants ne regardent que le virement mensuel, pas le coût total pour la société.
- Faites une simulation à 12 mois avant de modifier votre rémunération. Une hausse bien dimensionnée peut être absorbée par la marge. Une hausse mal calibrée fragilise la trésorerie sur le dernier trimestre.
- Méfiez-vous des montages trop agressifs. Un redressement URSSAF ou fiscal coûte bien plus qu'une économie annuelle de cotisations. Restez dans le cadre légal, documenté et proportionné à votre activité.
- Pilotez votre rémunération chaque année, pas une fois pour toutes. La fiscalité évolue - comme le passage de 30 % à 31,4 % de PFU au 1er janvier 2026 - et votre activité aussi.
Les points clés à retenir
- Le PFU sur les dividendes est à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux).
- Gérant majoritaire SARL (TNS) et président SASU (assimilé salarié) : deux statuts aux règles sociales très différentes.
- En SARL, les dividendes au-delà de 10 % du capital social supportent les cotisations TNS. Attention au capital trop faible.
- Le mix optimal salaire + dividendes dépend du capital social, du taux d'IS, de la tranche d'IR du foyer et du résultat de l'entreprise.
- Il faut simuler l'impact sur la trésorerie avant toute décision. Les outils comme Henrri permettent de le faire avec vos chiffres réels.
- Les dispositifs Madelin (retraite, prévoyance, mutuelle) sont souvent sous-utilisés chez les TNS en SARL.
Ce que fait Damien Granger pour les dirigeants de TPE en Gironde
Chez DG Conseil 33, Damien accompagne des dirigeants de TPE et PME à Bordeaux et en Gironde dans le cadre de la méthode Rivalis. Le travail commence par un diagnostic complet de pilotage d'entreprise à Bordeaux : statut social du dirigeant, niveau de rémunération actuel, structure des charges, marge réelle, taux horaire, capacité de distribution. Ce n'est pas un audit de cabinet, c'est un accompagnement mensuel avec des chiffres réels, des scénarios chiffrés et un suivi dans le temps grâce à l'outil Henrri.
Henrri permet de suivre la facturation, la trésorerie et la rentabilité en temps réel. Il offre des fonctions de simulation pour tester l'impact d'une variation de rémunération sur les flux de trésorerie à 3 ou 6 mois - avant de prendre une décision. C'est la différence entre piloter à vue et piloter avec des données.
Beaucoup de dirigeants arrivent en disant qu'ils travaillent beaucoup pour « pas grand chose ». Le diagnostic permet de voir ce qui peut changer concrètement, sans attendre la fin de l'exercice. Comme Damien l'exprime lui-même : « l'accompagnement, ce n'est pas que des chiffres, c'est aussi retrouver du sens et de la sérénité. »
Conclusion
Optimiser la rémunération du dirigeant en 2026, c'est une démarche légale, structurée et accessible. Ce n'est pas réservé aux grandes entreprises. Un artisan en Gironde, un restaurateur de la métropole bordelaise, un prestataire de services local peuvent tous reprendre la main sur ce sujet avec les bons outils et les bons repères.
Le PFU est à 31,4 %. Les règles sur les dividendes en SARL restent piégeuses pour les structures à capital faible. Et pourtant, des leviers existent dans chaque situation - à condition de les analyser avec les bons chiffres, de façon régulière et documentée. La bonne nouvelle : vous n'avez pas à le faire seul.

Faites le point sur votre rémunération avec un diagnostic offert
Dirigeant de TPE ou PME à Bordeaux ou en Gironde ? Damien Granger vous propose un diagnostic complet de votre situation, sans engagement. Rémunération, marges, trésorerie, taux horaire : tout est analysé avec vos chiffres réels.






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